"Internet ne réduira pas la fracture Nord-Sud"
Entretien avec Annie Loquay Chéneau-, Directrice de recherche au CNRS, Annie Chéneau-Loquay est responsable de l'observatoire Africa'nti, un projet de recherche sur les modes d'insertion, les usages et les impacts des technologies de la communication en Afrique. Elle dirige la revue Les cahiers de Netsuds (L'Harmattan) consacrée aux enjeux de ces technologies au Sud. Dernier ouvrage paru
Propos recueillis par Corinne Moncel
Alternatives Internationales n° 029 - novembre 2005
Les technologies de l'information, moteur du développement? Au Sud, boom des mobiles et faible étendue de la Toile traduisent surtout illettrisme et faiblesse des infrastructures.
Pour les experts qui se réuniront au Sommet mondial sur la société de l'information à Tunis (1), du 16 au 18 novembre, les technologies de l'information et de la communication sont des outils indispensables pour réduire la pauvreté. N'est-on pas devant la croyance selon laquelle les techniques entraînent mécaniquement le progrès social? Annie Chéneau-Loquay. Effectivement. C'est la nouvelle rhétorique sur le développement des organisations internationales depuis les années 90. Aujourd'hui, les technologies de l'information et de la communication (TIC), en particulier la téléphonie - filaire mais surtout mobile - et internet, apParaissent comme le sésame du développement.
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