
OST (organisation scientifique du travail)
Terme forgé par Frederick Taylor pour désigner le système d'organisation du travail consistant à confier à un organisme particulier (appelé bureau des méthodes) le soin de décomposer une tâche répétitive en un ensemble de gestes élémentaires, d'affecter à chacun de ces gestes un temps standard, déterminé par l'expérience, et, de ce fait, d'allouer un temps déterminé à chacun des travailleurs chargés d'effectuer une opération productive pour exécuter cette opération. Commentaire: On a retenu du taylorisme (nom donné en pratique à l'organisation scientifique du travail, bien que le taylorisme englobe un ensemble de préconisations également relatives au mode de rémunération, ce qui n'est pas le cas de l'organisation scientifique du travail) la parcellisation extrême à laquelle il aboutissait: chaque poste de travail se voyait confier, le plus souvent, une opération répétitive requérant un nombre très limité de gestes élémentaires, de façon à réduire les temps perdus inévitablement lorsqu'on passe d'une opération à une autre. Mais il n'en est pas toujours ainsi: si le nombre ou la complexité des pièces à produire ne le permet pas, l'OST préconisée par Taylor pouvait très bien aboutir à confier à chaque poste de travail un ensemble de tâches relativement étendu. De même, on a retenu de l'OST la question du temps: il est vrai que le chronométrage des temps élémentaires a suscité de nombreux conflits, que cette question du temps a toujours été épineuse. Mais, dans de nombreux cas, l'OST ne s'est pas accompagnée de chronométrage: par exemple, il suffit de faire fonctionner plus ou moins vite une chaîne d'assemblage pour contraindre les opérateurs à accélérer leur vitesse d'exécution. En fait, la caractéristique fondamentale de l'OST réside dans la séparation institutionnelle entre ceux qui organisent et ceux qui exécutent. C'est l'existence du Bureau des méthodes qui est fondamentale, car il engendre, ou cristallise, une division sociale du travail et dépossède les opérateurs d'un pouvoir d'organisation qui leur était traditionnellement reconnu. Si l'on peut parler aujourd'hui d'un post-taylorisme, c'est donc moins parce que les tâches des opérateurs se seraient complexifiées que parce que cette séparation est remise en cause. Lorsqu'elle ne l'est pas, le taylorisme est toujours à l'œuvre (l'on parle parfois d'ailleurs de néotaylorisme pour désigner des formes d'organisation du travail qui sont dictées ou imposées par les outils eux-mêmes, par exemple les ordinateurs et les logiciels qui imposent une façon de travailler).
Date de mise à jour : 22/01/2010
A lire également: Marc Mousli, «Taylor et l'organisation scientifique du travail», Alternatives Economiques n°251, octobre2006 ( - cliquez ici.)
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