Commentaire:
Le terme d'invisibles signifie tout simplement que la contrepartie de ces paiements n'est pas matérialisable. Lorsqu'il s'agit d'échanges de services, on achète (ou on vend) des droits de propriété (licences, brevets), des droits d'exploitation (redevances), des prestations particulières (tourisme, transports, télécommunications, assurances, gestion de fonds, etc.), des revenus de facteurs de production (salaires versés à des résidents étrangers, intérêts de prêts, dividendes...). Bien qu'il s'agisse d'invisibles, il y a toujours, dans ce cas, une contrepartie en échange du paiement. En revanche, dans le cas des transferts unilatéraux, cette contrepartie n'existe pas: dons publics ou privés, rapatriements de salaires de travailleurs immigrés, etc. Dans le cas de la France, les ventes de services à l'étranger en font le deuxième exportateur mondial (derrière les Etats-Unis) avec, en 2007, un solde positif de 11milliards d'euros. Si l'on y ajoute un excédent de 29milliards sur les revenus, mais un déficit de 20milliards sur les transferts courants ou en capital, la balance des invisibles demeure assez fortement positive, compensant en partie le très fort déficit enregistré la même année sur les biens (–40milliards). A l'inverse, des pays comme le Japon ou l'Allemagne ont une balance des invisibles fortement déficitaire, ce qui explique l'importance d'un excédent commercial pour compenser.