Institution financière qui collecte des capitaux et finance l'économie en accordant des crédits et en acquérant des titres.
Commentaire: Il est d'usage de distinguer deux grandes fonctions des banques.
La gestion des dépôts permet aux banques d'avoir une capacité de création monétaire. En effet, le titulaire d'un compte à vue (on parle aussi de «compte courant») peut donner l'ordre à sa banque de payer une somme prélevée sur son compte, ordre authentifié par une signature ou un code électronique: d'où l'expression de monnaie scripturale. La banque en question peut alors faire crédit, c'est-à-dire inscrire au crédit du compte en question une somme déterminée remboursable dans des conditions déterminées par un contrat de prêt, et cette somme pourra être ensuite dépensée par l'emprunteur. Elle peut aussi permettre au titulaire du compte de dépenser plus qu'il n'a de monnaie scripturale sur son compte (découvert). Dans les deux cas, la banque prête de l'argent créé ex nihilo. D'où l'expression: les crédits font les dépôts.
Les banques d'affaires (ou banques d'investissement)économisent à leurs clients ce que les économistes appellent des coûts de transaction : recherche d’informations pour réaliser des placements, surveillance des cours, estimation des risques, etc… Elles mettent leur expertise à leur disposition et peuvent, du fait de leur taille, diversifier les placements, ce qui réduit les risques.
Avant la loi de 1967 qui a rationalisé la profession bancaire, on distinguait les banques de dépôts et les banques d'affaires. Cette distinction a disparu, ce qui a entraîné une concurrence plus forte entre de grandes banques universelles. Il subsiste néanmoins des spécialisations fortes, comme le montre la politique de guichets: les anciennes banques de dépôts, pour gérer le plus grand nombre possible de comptes à vue, ont été amenées à multiplier les ouvertures de guichets, tandis que les banques d'affaires se limitaient souvent à un ou deux établissements. Le concept de banque universelle, souvent utilisé outre-Rhin, désigne une banque qui ne se borne pas à pratiquer des opérations de prêt ou de gestion de fonds pour le compte de sa clientèle, mais qui contrôle des sociétés dont elle détient une proportion significative du capital. En France, des règles limitent ce type d'engagement, pour qu'il n'y ait pas confusion entre les fonds propres de la banque (qui appartiennent aux actionnaires) et ceux de la clientèle (dont la banque n'est que la gestionnaire, non la propriétaire).
A lire également: Dominique Plihon, Dhafer Saïdane et Jézabel Couppey-Soubeyran, «Les banques, acteurs de la globalisation financière», Alternatives Economiques n°254, janvier2007. - cliquez ici. Christian Chavagneux, «Le nouveau rôle des banques», Alternatives Economiques n°184, septembre2000. - cliquez ici.