Afrique du Sud : le chef de l'ANC, menace pour la démocratie
Alternatives Internationales n° 040 - septembre 2008
"Si vous voulez faire partie du prochain gouvernement, tâchez de vous trouver une place dans les tout premiers bancs de la salle, juste derrière l'accusé", ironisait Jeremy Gordin, chroniqueur du journal sud-africain Sunday Independant, au sujet du procès de Jacob Zuma, le très controversé chef de file de l'African National Congress (ANC). Accusé de fraude fiscale et de corruption, Zuma, qui devrait être le candidat de son parti à l'élection présidentielle de mai 2009, a transformé la séance en un meeting politique: discours enflammés devant les supporteurs, présence des ténors du parti dans la salle, certains d'entre eux mettant en doute l'impartialité des juges avant même que le procès n'ait commencé… Un spectacle qui tranchait curieusement avec la stratégie des avocats (lesquels évoquaient en vain un vice de procédure pour faire annuler le procès, plutôt que de clamer l'innocence de leur client) et augure mal de l'avenir: pour de nombreux commentateurs, l'ascension de Zuma au sein de l'ANC n'est pas sans risque pour la démocratie sud-africaine.
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