Afrique du Sud: le charbon de la discorde
Manuel Domergue
Alternatives Economiques n° 291 - mai 2010
Un projet de construction d'une centrale électrique à charbon en Afrique du Sud crée la polémique au sein de la Banque mondiale, qui a tout de même accepté de financer ce chantier extrêmement polluant.
La Banque mondiale serait-elle en train de rater le virage écolo? L'institution vient en effet de valider, le 8 avril dernier, un prêt de 3 milliards de dollars dédié à la construction d'une mégacentrale à charbon, la quatrième plus grande du monde, en Afrique du Sud. Une campagne internationale menée par de nombreuses ONG souligne l'impact négatif qu'aurait cette centrale sur le climat avec 25 millions de tonnes de CO2 rejetées chaque année (l'équivalent de 5% des émissions françaises). Sans parler des conséquences des rejets de souffre et de mercure sur les populations environnantes, ni des 40 mines de charbon qui devront ouvrir pour l'alimenter.
L'Afrique du Sud, qui émet déjà près de deux fois plus de gaz à effet de serre par habitant que la Chine, est engagée sur un sentier de croissance peu soutenable écologiquement. La décision controversée de financer cette centrale a été soutenue par les gouvernements des pays émergents, les Etats-Unis et le Royaume-Uni s'abstenant. Les Amis de la Terre déplorent que la France ait, elle aussi, voté en faveur de ce projet, dans lequel est engagée l'entreprise Alstom.
Manuel Domergue
Alternatives Economiques n° 291 - mai 2010
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