Amérique latine, les élections contre la démocratie ? Sous la dir. d'Olivier Dabène
Presses de Sciences Po (375 p., 23 euros)
Yves Hardy
Alternatives Internationales n° 038 - mars 2008
Un sondage sous-tend le titre - paradoxal - de l'ouvrage. Selon l'Institut Latinobarometro, l'appui indéfectible à la démocratie a reculé de 61% en 1996 à 53% en 2004. Le désenchantement est perceptible parmi les moins favorisés car les inégalités perdurent. L'intérêt majeur des contributions est de pointer les évolutions politiques du sous-continent. Tournant historique en Bolivie où le président aymara Evo Morales tente de "refonder" le pays au risque d'accroître les divisions entre les régions andines et le riche Oriente. En Colombie, le système politique s'est "dégelé". Le bipartisme (libéraux et conservateurs) en vigueur depuis 1958 laisse la place aux partisans du président Alvaro Uribe et à la nouvelle opposition de gauche du Pôle démocratique. En Equateur, le succès de Rafael Correa à la présidentielle fin 2006 s'accompagne d'un écroulement des partis traditionnels, mais aussi de la branche politique du mouvement indigène, le Pachakutik. Ces changements signalent, selon Georges Couffignal, "la difficulté des partis à se transformer d'instruments clientélaires en médiateurs des demandes sociales". Surtout, insiste Fernando Carrillo Florez, conseiller à la Banque américaine de développement (BID), l'hypothèque qui pèse sur le système politique régional est "sa constante incapacité à créer une démocratie sociale". Elle conditionne pourtant la vitalité démocratique.
Presses de Sciences Po (375 p., 23 euros)
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