Biens mal acquis: affaire à suivre
Claire Alet-Ringenbach
Alternatives Economiques n° 277 - février 2009
La doyenne des juges d'instruction de Paris doit se prononcer ce mois-ci sur la recevabilité d'une plainte déposée en décembre dernier par l'association Transparence international France et par un citoyen gabonais contre trois chefs d'Etats africains pour détournement d'argent public. Cette plainte vise les conditions dans lesquelles ils ont accumulé un patrimoine considérable en France. Si elle est jugée recevable, une information judiciaire sera ouverte et un juge d'instruction désigné pour enquêter.
L'objectif de l'association, spécialisée dans la lutte contre la corruption et présente dans 22 pays africains, est de montrer aux politiques qui détournent de l'argent qu'ils ne sont plus en sécurité. "Pour s'attaquer à la corruption en Afrique, il faut d'abord s'attaquer à l'impunité des dirigeants", souligne Julien Coll, délégué général de l'association. Le but de cette plainte est la restitution des avoirs détournés aux pays d'origine.
L'affaire n'en est pas à ses débuts. A deux reprises, en mars 2007 et en juillet 2008 (voir Alternatives Economiques n° 272), des associations de lutte contre la corruption avaient déjà déposé une telle plainte. Mais, bien que l'enquête ait révélé de nombreuses informations compromettantes, le Parquet avait classé l'affaire sans suite. C'était sans compter sur la ténacité des associations.
Claire Alet-Ringenbach
Alternatives Economiques n° 277 - février 2009
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