Bulles: quand Greenspan a refusé d'agir
Christian Chavagneux
Alternatives Economiques Poche n° 038 - avril 2009
Malgré les signes visibles de la débâcle financière, la Banque centrale américaine n'a pas bougé. En cause: son excès de confiance dans les vertus du marché et sa trop grande proximité avec les banquiers privés.
La scène se passe au Sénat américain, fin octobre 2008. Le démocrate Henry Waxman dirige les débats d'une commission destinée à évaluer le rôle des régulateurs publics dans la débâcle du système financier, et en particulier les responsabilités personnelles d'Alan Greenspan, l'ancien dirigeant de la Banque centrale des Etats-Unis. Le sénateur Waxman: "Votre idéologie est, je vous cite, "que des marchés de libre concurrence sont les mécanismes les plus efficients (…) Nous avons tenté la réglementation et celle-ci a échoué". Avez-vous le sentiment que cette idéologie vous a poussé à prendre des décisions que vous n'auriez pas dû prendre? Alan Greenspan: "Permettez-moi de rappeler ce qu'est une idéologie. Une idéologie est un cadre conceptuel à travers lequel nous voyons le monde.
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