Demain, seuls au monde? L'homme sans la biodiversité
Calmann-Lévy (314 p., 19,80 euros).
Robin Assous
Alternatives Internationales n° 047 - juin 2010
Cet ouvrage de la primatologue Emmanuelle Grundmann se lit comme un polar. Des déserts aux hautes montagnes en passant par les luxuriantes forêts tropicales, nous parcourons la planète en tous sens sur les traces du plus grand assassin de tous les temps: Homo sapiens rebaptisé Homo predatus. On nous décrit avec minutie l'holocauste des grands pingouins qui vivaient dans toute l'Europe jusqu'en 1844, année où le dernier couple fut étranglé par un trafiquant nommé Carl Siemens. Le livre apporte les preuves que l'homme est le responsable, souvent direct, sinon indirect, de l'extinction depuis trois siècles de 1 458 espèces, dont 55% animales. Surpopulation, pollution, déforestation, réchauffement climatique, l'auteur présente toutes les causes du choc écologique majeur vers lequel nous nous dirigeons si nous ne changeons pas le scénario. Dans les derniers chapitres, Emmanuelle Grundmann nous donne des raisons d'espérer que le changement est encore possible, à condition de mettre rapidement en place des solutions durables aux problèmes auxquels l'homme est confronté. L'auteur emploie un style très imagé qui rend la lecture agréable. De plus, la journaliste et primatologue sait restituer avec talent ses expériences de la nature acquises en reportage, notamment chez les pygmées Baka d'Otoumkang et en Amazonie, ce qui empêche le découragement de nous gagner à la lecture des multiples constats catastrophiques dressés dans le livre.
Calmann-Lévy (314 p., 19,80 euros).
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