Des fleuves entre conflits et compromis.Essais d'hydropolitique africaine Sous la dir. de Jean-Pierre Raison et de Géraud Magrin
Karthala (300 p., 29 euros).
Pierre Barrot
Alternatives Internationales n° 044 - septembre 2009
Consacré aux fleuves Sénégal, Niger, Nil et Orange (Afrique du Sud) ainsi qu'au bassin du lac Tchad, cet ouvrage fait appel à six géographes et à l'historien Gérard Prunier. Ce dernier signe un chapitre passionnant sur le Nil, fleuve démesuré (le plus long de la planète), mythique et riche en enjeux "hydropolitiques". Alimenté principalement par les hauts plateaux éthiopiens, le Nil profite surtout à l'Egypte, dont il assure 97% des besoins en eau. Gérard Prunier décrit de façon savoureuse l'hypersensibilité des autorités égyptiennes qui s'emploient à bloquer la plupart des projets d'aménagement des pays riverains situés en amont du fleuve. Il met aussi en cause les choix égyptiens d'aménagements agricoles non viables là où des projets industriels valoriseraient mieux une ressource en eau de plus en plus disputée (la population égyptienne a triplé en cinquante ans pendant que le débit du fleuve restait stable). Mais tout au long de ce livre, on apprend qu'en matière d'eau et de fleuves, les enjeux symboliques pèsent souvent plus que la rationalité économique. Il en a été ainsi pour le plus grand barrage d'Afrique du Sud, conçu comme un "acte de foi" par le régime de l'apartheid, au lendemain du massacre de Sharpeville. Les chapitres sur le Niger, le Sénégal et le lac Tchad permettent de comparer trois exemples de coopération entre pays riverains, le plus convaincant étant celui du Sénégal.
Karthala (300 p., 29 euros).
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