Des risques mal calculés
Christian Chavagneux
Alternatives Economiques Poche n° 043 - avril 2010
Les banques ont su développer des outils efficaces pour échapper aux régulations, mais totalement inopérants pour le contrôle des risques. C'est ce que montre l'histoire de la "VaR", la mesure miracle qui n'a pas tenu ses promesses.
Au cours des années 1990, la banque américaine JP Morgan a mis au point une mesure des pertes potentielles liées aux paris risqués, la VaR (value at risk), bientôt suivie par les financiers du monde entier, et même consacrée par les régulateurs. Le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire, qui regroupe les régulateurs des établissements financiers, puis la Commission européenne ont ainsi permis aux banques de définir elles-mêmes, grâce à la VaR, le montant de capital qu'elles devaient mettre de côté pour se protéger en cas de coup dur. La value at risk estime les pertes maximales qui pourraient résulter d'un choix de portefeuille financier donné, dans un horizon de temps donné, et avec une probabilité donnée.
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