Ecoblanchiment . Quand les 4x4 sauvent la planète
Ed. Les Petits matins, 2010, 190 p., 18 euros.
Daniel Cardot
Alternatives Economiques n° 290 - avril 2010
Le sous-titre est évidemment ironique, mais pas seulement. Car ce livre ne se contente pas d'analyser, exemples à l'appui, comment certaines firmes, qui ont compris que la demande des consommateurs allait dans ce sens, se présentent comme vertueuses du point de vue environnemental mais aussi social (les auteurs consacrent un long développement à décortiquer la stratégie de Leclerc en matière de commerce équitable): "Pour savoir quelles sont les multinationales les plus prédatrices à l'égard de notre planète, il suffirait presque de relever le nom de celles qui investissent le plus dans la communication verte", écrivent-ils. Non sans raison, leur analyse le prouve. Mais ils montrent que ce comportement trompeur a de graves conséquences: "L'écoblanchiment mine la mise en place d'un véritable développement durable, car il veut faire croire au consommateur qu'il peut respecter l'environnement même s'il roule en 4x4 pour aller faire ses courses dans un hypermarché." Pour protéger les "biens communs", ne comptons donc pas sur les firmes, mais sur les consommateurs, expliquent-ils. Du boycott aux labels, le "consom'acteur" et les associations qui Oeuvrent dans ce sens peuvent devenir les artisans d'un changement de cap, dans lequel les entreprises trouveront aussi leur intérêt. C'est évidemment un peu optimiste (on pense à un Charles Gide qui faisait des coopératives de consommation l'instrument par excellence du changement social), mais l'analyse (qui associe un universitaire et un élu vert) est fouillée et souvent convaincante.
Ed. Les Petits matins, 2010, 190 p., 18 euros.
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