Egypte : tout changer pour que rien ne change
Jean-Noël Ferrié, Directeur de recherche au CNRS (Centre Jacques-Berque de Rabat) et chercheur associé au Ceri
Alternatives Internationales Hors-série n° 010 - janvier 2012
Ce n'est pas tant une révolution qui a fait tomber Moubarak que les militaires qui l'ont lâché. Pour garder pouvoir et privilèges, ils font désormais alliance avec les islamistes.
Alors que le terme de " révolutions arabes " est désormais amplement popularisé, l'organisation des élections législatives ouvertes le 28 novembre dernier et la sanglante répression des manifestations qui ont suivi le premier tour du scrutin ont rappelé combien trente années de règne d'Hosni Moubarak (1981-2011) ont profondément ancré l'autoritarisme dans ce pays, à la fois au sein de l'appareil d'Etat et dans la société. Sous l'ancien raïs, le régime s'était en partie autonomisé de l'armée, dont l'ex-président était pourtant issu. Pour diriger le pays, il avait préféré s'appuyer sur le PND (Parti national démocratique), le parti dominant.
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