Emploi: l'intérim s'est effondré
Camille Dorival
Alternatives Economiques n° 281 - juin 2009
On dénombrait 463 900 intérimaires en France à la fin mars 2009, soit 243 300 de moins qu'en mars 2008. Une chute de plus d'un tiers en un an: un phénomène jamais vu jusqu'ici, qui traduit l'ampleur de la crise actuelle. L'industrie automobile - le secteur le plus touché - a même supprimé les deux tiers de ses postes d'intérimaires entre fin 2007 et fin 2008. La région la plus atteinte, la Franche-Comté, a quant à elle perdu 56% de ses emplois de ce type entre mars 2008 et mars 2009.
Même si leur ampleur est exceptionnelle cette fois, ces évolutions sont classiques en période de récession, car l'emploi intérimaire réagit toujours très fortement à la conjoncture économique. Inversement, quand la croissance revient, l'intérim augmente rapidement. Il permet un ajustement rapide de l'emploi surtout pour les emplois peu qualifiés et aisément substituables. Mais cette forme de flexibilité a aussi un coût élevé en termes de pertes de compétences. C'est pourquoi les employeurs ont également recours au chômage partiel aujourd'hui, pour éviter de licencier les personnels plus qualifiés et de désorganiser les collectifs de travail.
Camille Dorival
Alternatives Economiques n° 281 - juin 2009
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