Espagne : l'indignation et le conservatisme
Barbara Loyer, Professeur à l'Institut français de géopolitique de l'Université Paris 8, spécialiste de l'Espagne
Alternatives Internationales Hors-série n° 010 - janvier 2012
Victimes du chômage massif et des saisies immobilières, les Espagnols descendent dans la rue. Mais en tournant la page Zapatero, ils ont aussi voté pour davantage de rigueur.
Le 20 novembre 2011, les électeurs espagnols ont donné le pouvoir au Parti populaire (PP) en lui accordant la majorité absolue des suffrages. La mauvaise gestion d'une crise économique sans précédent a provoqué la débâcle du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Au deuxième trimestre 2011, la dette publique a atteint 65,2 % du PIB, soit huit points de plus qu'un an auparavant (57,2 %), obligeant au passage le PSOE et le PP à faire front commun sur la nécessité d'une " règle d'or " budgétaire. Mais c'est surtout l'ampleur du chômage qui accable l'Espagne, et particulièrement ses jeunes. Aujourd'hui, 21 % de la population active est à la recherche d'un emploi, soit la proportion la plus élevée de l'ensemble des pays de l'OCDE.
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