Faut-il un salaire maximum ?
Laurent Jeanneau
Alternatives Economiques n° 289 - mars 2010
En janvier dernier, la double rémunération d'Henri Proglio, à la fois PDG d'EDF et président du conseil d'administration de Veolia, a relancé la polémique sur le niveau excessif des salaires des patrons. Avec la crise, de telles rémunérations, difficilement justifiables tant moralement qu'économiquement, ne sont plus acceptées. Mais les codes de bonne conduite, comme celui adopté par le Medef, et autres mesures volontaires de ce type ne suffisent manifestement pas à contenir ces pratiques. Dès lors se pose légitimement la question de taxer fortement, voire de plafonner, ces revenus démesurés.
Les salaires des grands patrons ont certes un peu diminué avec la crise, mais leur niveau reste toujours exorbitant. La rémunération moyenne des dirigeants du CAC 40 a été en effet de 3,6 millions d'euros en 2008, soit une baisse de 20% par rapport à 2007, selon le cabinet Proxinvest. Une évolution qui s'explique surtout par de moindres distributions de stock-options et d'actions gratuites. Leur situation reste plus que confortable: ils touchent en moyenne 223 fois le Smic. Cette rémunération tient compte des parts fixes et variables de leur salaire "de base", des avantages en nature, des jetons de présence, des actions gratuites et de la valeur estimée des stock-options qu'ils ont reçues.
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