Finance: la titrisation en berne
Alternatives Economiques n° 294 - septembre 2010
La transformation de crédits immobiliers risqués (les fameux subprime) en titres négociables fut l'un des facteurs majeurs de la crise financière. Cette technique s'était énormément développée aux Etats-Unis au début des années 2000 (sur les crédits immobiliers, mais aussi automobiles, et sur les crédits aux entreprises) avant que la crise ne suscite une méfiance généralisée des investisseurs à l'égard de tous ces produits. Trois ans après le déclenchement de la crise, les économistes de l'ambassade de France à Washington (1) constatent que les émissions privées de titres adossés à des crédits ont chuté de 85% depuis 2007. Si l'on met de côté l'activité des grandes agences hypothécaires (désormais publiques) Fannie Mae et Freddie Mac, la titrisation de nouvelles dettes hypothécaires privées a presque disparu. Sur le marché secondaire - celui des titres déjà émis -, les rendements exigés ne sont revenus à leur niveau d'avant la crise que pour les titres les plus sûrs. Les auteurs ne voient pas ces marchés repartir à court terme, même si les mesures prises par le législateur devraient renforcer la transparence et la confiance des investisseurs à moyen terme.
(1) "Le marché de la titrisation peut-il rebondir à court terme?", Washington-Wall Street Watch n° 29, 22 juillet 2010.
Alternatives Economiques n° 294 - septembre 2010
Notes
(1) "Le marché de la titrisation peut-il rebondir à court terme?", Washington-Wall Street Watch n° 29, 22 juillet 2010.
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