Foi et Business Model. L'économie de la religion par Jacques Lecaillon
Ed. Salvator, 2008, 114 p., 15 euros.
Denis Clerc
Alternatives Economiques n° 277 - février 2009
Çela aurait pu être une blague: traiter la religion comme un produit, avec son offre et sa demande, son marché (des biens religieux), sa régulation (par l'Etat ou par le marché). Hélas, ce n'en est pas une. C'est chez les ultralibéraux, ceux qui pensent que les outils de l'analyse économique peuvent s'appliquer toujours et partout, parce que tout, y compris le mariage, la criminalité ou le don, relève d'un calcul rationnel visant à maximiser l'utilité, que cette approche a pris naissance: Gary Becker a donné le signal et quantité d'affidés se sont rués sur ces champs vierges que les économistes n'avaient encore jamais touchés.
Jacques Lecaillon, un remarquable pédagogue de l'analyse économique, qui ne fait pourtant pas partie - si j'ose dire - de cette chapelle, a cru bien faire de mettre ses pas dans ceux de l'initiateur français de cette "discipline", Philippe Simonnot, heureusement sans aller aussi loin que lui. Certes, il n'y a aucune raison pour que le fait religieux échappe aux analyses des sciences sociales. Mais à condition de ne pas le réduire à un phénomène marchand. L'auteur semble s'en apercevoir à la fin de son livre. Il aurait mieux fait de s'en apercevoir avant. Comme pénitence, il battra sa coulpe en se repentant.
Ed. Salvator, 2008, 114 p., 15 euros.
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