Gérer les indésirables. Des camps de réfugiés au gouvernement humanitaire. Par Michel Agier
Flammarion, (344 p. 23 euros).
Pierre Grosser
Alternatives Internationales n° 041 - décembre 2008
Les ouvrages ont beau s'accumuler sur le phénomène des camps du XXIe siècle, sur le tri administratif des individus, ou sur les réfugiés fuyant les horreurs de la guerre, les yeux occidentaux semblent s'être refermés, après les grandes émotions médiatiques des années 1985-95. Michel Agier commence son ouvrage par un inventaire des types de camp - camps de réfugiés, centres de tri et de rétention. Et insiste à juste titre sur la manière dont le Nord a perverti la Convention sur les réfugiés de 1951 en ne respectant pas le principe de non-refoulement des demandeurs d'asile. Dans un second temps, l'auteur présente ses enquêtes ethnographiques dans des camps de réfugiés en Afrique, réalisées en accompagnant Médecins sans frontières. Ces notes et entretiens permettent de sortir de l'abstraction des chiffres et de la catégorie générique de "victime". Enfin, il réfléchit à la globalisation de l'humanitaire, devenu selon lui une énorme machine de contrôle. Les deux premières parties sont plus convaincantes que la troisième, où l'on retrouve les figures à la mode de "l'empire" ou de la "gouvernementalité". Surtout, si les critiques sont souvent justes et les enquêtes éclairantes, on aurait aimé que l'auteur explique comment les humanitaires peuvent échapper aux effets pervers que leur activité génère.
Flammarion, (344 p. 23 euros).
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