Gouvernance des biens communs. Pour une nouvelle approche des ressources naturelles
Ed. de Boeck, 2010, 302 p., 33,50 euros.
Naïri Nahapétian
Alternatives Economiques n° 294 - septembre 2010
En 2009, Elinor Ostrom devient la première femme à recevoir le prix de la Banque de Suède en économie, couronnée pour ses travaux sur les biens communs, partiellement réunis dans cet ouvrage. Chaque individu étant censé être à la recherche de la satisfaction immédiate de ses besoins, une gestion des biens communs fondée sur la coopération serait vouée à l'échec et aboutirait à l'épuisement de la ressource. La solution serait donc l'intervention d'un Etat coercitif ou bien encore la privatisation de ces ressources.
Or, pour Ostrom, les organisations fondées sur la coopération volontaire sont souvent très efficaces. De nombreux cas empiriques le démontrent, de la tenure communale des pâturages en Suisse ou au Japon, aux droits échangeables relatifs à l'eau en Californie, en passant par des communautés d'irrigation en Espagne ou aux Philippines. L'auteure analyse les réponses de ces groupes aux tentatives de resquille, de défection ou aux comportements opportunistes, réponses fondées sur la surveillance par des instances nommées en interne et des systèmes de sanctions graduelles. Elle étudie également des modèles d'auto-organisation qui fonctionnent moins bien, notamment les incitations perverses. Elle fait ainsi ressortir le rôle crucial du cadre institutionnel global sur l'épanouissement de ces organisations volontaires.
Ed. de Boeck, 2010, 302 p., 33,50 euros.
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