Insécurité: le problème demeure
Louis Maurin
Alternatives Economiques n° 277 - février 2009
Le président de la République a présenté début janvier le bilan de sa politique dans le domaine de la sécurité. L'ensemble des crimes et délits répertoriés a diminué de 0,9% en 2008 et de 13,5% au cours des six dernières années. Et le thème de l'insécurité a quasiment disparu des médias. Pourtant, le détail des chiffres fait apparaître une réalité plus contrastée.
L'essentiel de cette diminution résulte en effet de la baisse des vols liés à l'automobile. Sur la période 2003-2008, le nombre de vols de voiture a diminué de 100 000, soit un gros quart de l'ensemble de la baisse. Ce phénomène doit peu à l'efficacité des forces de l'ordre et beaucoup aux protections renforcées qui équipent désormais les véhicules.
Le bilan est beaucoup moins reluisant dans le domaine des atteintes aux personnes. En 2008, les coups et blessures ont encore augmenté de 6%, soit 10 000 cas supplémentaires. Depuis 2002, on a enregistré 60 000 cas de plus, soit une progression de 50%! Là non plus, on ne peut pas en faire porter l'entière responsabilité au chef de l'Etat: ces chiffres augmentent aussi parce que ces agressions sont plus souvent déclarées. Mais pour partie seulement: la question de l'insécurité, exagérée hier, demeure un problème pour une grande partie de la population, notamment les personnes qui vivent dans les grands ensembles.
Louis Maurin
Alternatives Economiques n° 277 - février 2009
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