Inspection du travail : non à l'ouvre-boîte !
Agnès
Santé & Travail n° 060 - octobre 2007
C'est une nouvelle fois l'indignation dans les rangs de l'Inspection du travail. Mais ce coup-ci, c'est un décret d'attribution du ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale qui a mis le feu aux poudres. C'est que Brice Hortefeux compte sur les inspecteurs et contrôleurs du travail pour lutter contre l'immigration clandestine. Il veut ainsi profiter de la faculté de l'Inspection d'entrer à tout moment dans les entreprises. Même si cela constitue un véritable détournement de la mission des inspecteurs et contrôleurs du travail.
Lorsque l'Inspection pénètre dans un établissement, c'est pour vérifier la bonne application du droit du travail, et notamment le respect des règles d'hygiène et de sécurité. Que l'on soit bien clair: personne ne conteste le bien-fondé d'un contrôle du travail illégal. Comment pourrait-il en être autrement, quand les agents déplorent chaque jour les ravages du "dumping social" pratiqué par des employeurs peu scrupuleux, au mépris du droit et de la dignité? Quel contrôleur pourrait fermer les yeux quand il découvre des travailleurs immigrés, sans défense, exploités au mépris des règles les plus élémentaires de protection de leur santé et de leur sécurité?
Mais la mission de contrôle de la réglementation du travail n'a rien à voir avec celle de contrôle des papiers d'identité. Sur le fond et sur la forme, ce n'est pas le même métier. L'Inspection du travail ne veut pas servir d'ouvre-boîte aux forces de police, juste pour améliorer le score des reconduites à la frontière!
Agnès
Santé & Travail n° 060 - octobre 2007
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