Irak: partis religieux en perte de vitesse
Alternatives Internationales n° 042 - mars 2009
Les récentes élections régionales en Irak ont créé la surprise dans les pays arabes. La presse avait prédit la défaite du premier ministre (chiite) Nouri Al-Maliki, accusé tantôt de représenter les intérêts de l'Iran, tantôt d'être trop proche des Etats-Unis, tantôt les deux à la fois. Or au lieu de perdre, le parti de Maliki a remporté une nette victoire dans les provinces à majorité chiite du pays, devenant le premier parti à Bagdad (38% des voix) et gagnant le contrôle sur huit de ces neuf provinces à dominante chiite. En analysant cette victoire, Sami Moubayed, rédacteur en chef de la revue syrienne Forward Magazine, note que pendant la campagne électorale, Maliki a soigneusement évité la rhétorique religieuse. A l'inverse, les partis chiites les plus prompts à évoquer le Coran, comme le Conseil suprême islamique irakien ou le mouvement Sadr fondé par Moqtada Al-Sadr, ont largement perdu. "C'est la principale donne de ces élections, observe Moubayed: une nette baisse des loyautés religieuses" qui offre (enfin) un signe encourageant quant à l'avenir de l'Etat irakien.
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