Justice: "Que le mari voie vite un juge et soit éloigné"
Entretien avec Michèle Bernard-Requin, magistrate. Avocate au début de sa carrière, ensuite magistrate au parquet, puis au siège, Michèle Bernard-Requin a présidé l'association Paris Aide aux Victimes, et publié Juges accusés, levez vous! (Seuil, 2006)
Propos recueillis par Yann Mens, Natacha Fresko
Alternatives Internationales n° 043 - juin 2009
En France, la violence conjugale est un délit aggravé que le droit commun suffit à punir. Mais le suivi thérapeutique, qui prévient la récidive, est peu développé.
Le droit français prend-il bien en compte les violences conjugales? Michèle Bernard-Requin. Oui. La loi française prévoit que si des violences sont commises par le conjoint ou le concubin, cela constitue une circonstance aggravante, en raison de l'emprise, psychologique notamment, qu'exerce l'auteur des faits au sein du domicile privé. Même s'ils n'ont entraîné aucune incapacité de travail, de tels faits sont constitutifs d'un délit. Par la suite, le législateur a pris conscience de ce que souvent, les violences persistent après la séparation, à l'occasion du droit de visite des enfants, par exemple.
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