L'économie du monde romain
Ed. Ellipses, 2010, 281 p., 19,50 euros.
Christian Chavagneux
Alternatives Economiques n° 290 - avril 2010
On connaît peu de chose sur la façon dont fonctionnait l'économie romaine. Ce qui permet à chacun de voir ce qu'il a envie d'y voir pour conforter sa vision actuelle de l'économie. C'est tout l'intérêt du livre de Jean Andreau que de bien présenter dès le premier chapitre les termes des débats en cours sur le sujet.
Il y a ceux qui présentent Rome comme une économie moderne, analysable selon les canons de la science économique contemporaine, qui pensent que la révolution industrielle aurait très bien pu y survenir. C'est de ce côté que se situent par exemple les thèses extrêmes de Peter Temin, dont les conclusions sont qualifiées par Jean Andreau de "hâtives et de parti pris".
Mais on trouve également des spécialistes qui, sur la base d'une analyse plus institutionnelle, expliquent ses singularités historiques et les faiblesses intrinsèques de son organisation. Andreau tente de proposer une vision "objective" fondée sur les connaissances disponibles sans se priver de prendre parti sur divers sujets.
Le livre passe ainsi en revue l'agriculture et l'élevage, les activités de fabrication, les activités bancaires (peu de prêts à destination du "secteur productif") et commerciales. On y apprend que les dirigeants politiques sont souvent intervenus pour gérer des crises d'endettement excessif. Le monde ne change pas…
Ed. Ellipses, 2010, 281 p., 19,50 euros.
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