L'économie hérétique de Joan Robinson (1)
Sophie Boutillier, laboratoire Redéploiement industriel et innovation, université du Littoral (Dunkerque), Dimitri Uzunidis
L'Economie politique n° 007 - juillet 2000
par Sophie Boutillier et Dimitri Uzinidis Joan Robinson propose une synthèse entre les apports de Keynes et ceux de Marx. Une économiste qui a cherché à introduire le temps, l’histoire et le politique dans la réflexion économique.
Le nom de Joan Robinson (1903-1983) est associé à trois grandes "révolutions" qui ont secoué l'histoire de la pensée économique du XXe siècle: la concurrence imparfaite, la demande effective et la critique du marginalisme. Connue pour son franc-parler, Joan Robinson n'a eu de cesse de dénoncer les aberrations du modèle de la concurrence pure et parfaite qui, à ses yeux, n'avait aucun lien avec la réalité économique. Les économistes néoclassiques, dit-elle en substance, s'y sont très mal pris pour défendre le marché et la libre entreprise. L'auteur avait en ligne de mire les misères de notre monde, voyant le chômage et la pauvreté ronger la société en dépit de ressources technologiques inestimables.
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