L'entreprise doit être gouvernée pour le bien commun
Thomas Coutrot, économiste
Santé & Travail n° 077 - janvier 2012
La " gouvernance actionnariale " des entreprises a démontré sa nocivité pour la santé des salariés et l'environnement. En sortir suppose d'associer la société civile à la définition de nouveaux critères de gestion et de production.
Selon la " gouvernance actionnariale ", doctrine au coeur du projet économique néolibéral, seuls les actionnaires doivent détenir un pouvoir de décision dans l'entreprise. Deux justifications à cela ont été données par les doctrinaires néolibéraux : en avançant leurs capitaux à l'entreprise, les actionnaires seuls prendraient un risque économique, ce qui légitimerait leur pouvoir de décision ; la concurrence financière sur les marchés des actions permettrait seule l'allocation efficace des capitaux entre les projets d'investissement. Or il apparaît clairement aujourd'hui que les salariés courent plus de risques que les actionnaires, et que les marchés financiers sont irrémédiablement aveugles, irrationnels et moutonniers.
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