L'Or africain - Pillages, trafics et commerce international Gilles Labarthe, avec François-Xavier Verschave
Agone (222 pages, 12 euros)
Xavier Frison
Alternatives Internationales n° 037 - décembre 2007
L'or du continent noir "semble voué à disparaître dans les poches des autres". Ainsi pourrait-on résumer la brillante enquête du journaliste suisse Gilles Labarthe, menée dans la continuité du travail de François-Xavier Verschave, président-fondateur de l'association Survie, décédé en 2005. Un peu partout en Afrique, au Mali, au Ghana, en République démocratique du Congo ou en Guinée, l'exploitation des mines d'or rime avec loi du plus fort: aux multinationales l'exploitation des sols et les bénéfices mirifiques, aux Etats corrompus des royalties bien peu redistribuées, et aux populations locales les miettes et les dommages collatéraux. Pollution massive, maladies, déplacements de villages entiers, conditions de travail inhumaines, conflits sanglants pour le contrôle des ressources, rien n'est épargné aux civils qui ont le malheur de vivre sur un tas d'or. Les complices de ce pillage à grande échelle? Des investisseurs de tous types: des entreprises, comme le groupe Bouygues, des banques, comme la Société générale, de riches particuliers, comme la famille Bush, la Banque mondiale (au nom du développement et de la lutte contre la pauvreté). Contrôlé par des acteurs puissants (36 milliards de chiffre d'affaires pour la multinationale AngloGold), ce commerce fonctionne de manière opaque, sans garde-fous. Et rien aujourd'hui ne permet de penser qu'il puisse en aller autrement.
Agone (222 pages, 12 euros)
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