L'urbanisation du monde Par Jacques Véron
La Découverte, coll. Repères (122 p., 8,50 euros).
Thierry Brésillon
Alternatives Internationales n° 032 - septembre 2006
En 2030, 60% de la population mondiale sera urbaine (contre moins d'un tiers en 1950). Si, dans les pays du Sud, cette tendance est irréversible, est-elle pour autant synonyme de progrès? Tout indique que non, démontre le démographe Jacques Véron. La ville laisse encore entrevoir aux ruraux tentés par la migration une amélioration de leurs conditions de vie, mais l'espoir est illusoire. Surtout, à l'échelle collective, l'urbanisation n'est plus synonyme d'amélioration de la qualité de vie. La différence entre ville et campagne pour l'accès aux services de base (logement salubre, installations sanitaires décentes…) n'est plus toujours significative. La fragmentation sociale du territoire urbain se généralise. L'emprise du tout-voiture, en stérilisant l'espace, contredit la vocation de la ville à être un lieu d'échanges. Pollution, bidonvilisation, impact écologique démesuré… la croissance urbaine pose à l'humanité un défi majeur. Pour que ne s'ouvre pas une ère de régression, il faut certes favoriser les villes moyennes, ne plus faire financer les modes de vie urbains par des prix agricoles défavorables aux producteurs, mais surtout inventer des "villes durables", plaide Jacques Véron. Réhabiliter la proximité, l'écogestion et la citoyenneté. Vaste chantier …
La Découverte, coll. Repères (122 p., 8,50 euros).
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