La contestation de la mondialisation (1)
Pierre Jacquet, directeur exécutif et chef économiste de l'Agence française de développement (AFD)
L'Economie politique n° 013 - janvier 2002
par Pierre Jacquet L’auteur souligne combien les mobilisations citoyennes internationales contribuent à renforcer la démocratie. Tout en réfutant globalement les thèses des ONG, il demande aux dirigeants politiques de dialoguer avec elles sur le contenu de la mondialisation, au lieu de rêver à leur effondrement.
Les événements tragiques du 11 septembre 2001 ont, au moins temporairement, éclipsé le mouvement de contestation de la mondialisation, dont l'ampleur avait fait l'un des développements marquants de l'année. La nécessité de faire front contre la menace terroriste a en quelque sorte coupé l'herbe sous le pied des contestataires les plus radicaux. Certains en ont tiré la conclusion que ce mouvement n'avait été qu'un feu de paille, qui s'épuisait dans son propre désordre et dont l'intensité ne pouvait que retomber. D'ailleurs, la réussite du lancement d'un nouveau cycle de négociations commerciales multilatérales lors de la réunion interministérielle de Doha, en novembre, a (du moins symboliquement) effacé l'échec antérieur de Seattle.
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