La déflation est là
Patrick Artus
Article Web - 18 août 2010
L'économie mondiale présente toutes les caractéristiques d'une économie en déflation : excès d'épargne, et donc faiblesse de la demande ; inefficacité des politiques économiques pour faire repartir l'activité ; chômage et sous-utilisation des capacités conduisant à une inflation très faible. De ce fait, les taux d'intérêt réels (une fois l'inflation prise en compte) sont anormalement élevés, ce qui augmente l'endettement et renforce le recul de la demande. Comment en est-on arrivé là ?
Le taux d'épargne privé (des ménages et des entreprises) du monde est passé de 29 % du produit intérieur brut (PIB) mondial en 2007 à 33 % en 2010. Cette hausse vient à la fois du maintien de taux d'épargne extrêmement élevés dans les pays émergents d'Asie, au Japon et dans les pays producteurs de pétrole, et d'une hausse des taux d'épargne des ménages aux Etats-Unis (de 1 % à 6,5 % du revenu), en Europe et au Japon. Surtout, les entreprises (aux Etats-Unis, en Europe et au Japon) déforment le partage de la valeur ajoutée au détriment des salariés, ce qui accroît les profits, donc l'épargne des entreprises, sans que celle-ci soit investie puisque la demande n'est pas là.
Aux Etats-Unis, ce transfert de revenus vers les profits des entreprises est impressionnant : la productivité par tête du travail a augmenté de 6 % en un an, les salaires réels seulement de 1 % ; au niveau mondial, en 2010, la productivité par tête progresse de 3 %, le salaire réel de 1,5 %. On comprend donc qu'il y a faiblesse de la demande privée : les ménages des pays de l'OCDE épargnent davantage (crainte du chômage, perte de richesse immobilière) ; les entreprises ont des profits élevés qu'elles n'investissent pas ; les pays émergents et ceux exportateurs de pétrole épargnent massivement. Face à cette insuffisance de la demande privée, les politiques économiques sont devenues impuissantes pour stimuler la croissance, avec des politiques budgétaires plus restrictives et des politiques monétaires qui ne soutiennent pas l'activité.
Comment sortir de cette dynamique déflationniste ? Les deux causes essentielles sont l'insolvabilité de beaucoup de ménages dans les pays de l'OCDE (surtout aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Espagne et dans d'autres pays périphériques de la zone euro) et la recherche d'une profitabilité très élevée par les entreprises dans un environnement de croissance faible, d'où la baisse des revenus salariaux, la déformation mondiale du partage des revenus au détriment des salaires (en Chine, la consommation ne représente plus que 32 % du PIB). Tant que le partage de la valeur ajoutée ne sera pas moins défavorable à la demande, il est à craindre que l'équilibre déflationniste persiste. 5
Patrick Artus
Article Web - 18 août 2010
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Tant que cette situation ne sera pas annulée par des cessions de l'état et une prise en charge des + aisés ainsi qu'une annulation partielle de la dette au détriment des préteurs , il n'y aura pas de confiance ni de reprise.
Cela n'est en tout cas pas refleté dans les principaux indices boursiers ni d'un côté ni de l'autre de l'atlantique.
Comment les entreprises peuvent elles faire des profits élevés si elle ne peuvent pas s'appuyer sur cette demande intérieure.
Doit-on vraiment penser que les conditions du problème actuel sont dans le manque de consommation des populations les plus populaires?
J'avais pourtant à l'esprit qu'un crédit laxiste et trop facile à obtenir avait été l'une des origines du mal outre-atlantique...
Pour le premier semestre 2010, les entrepreneurs de l’industrie manufacturière estiment désormais que leur investissement a progressé par rapport au second semestre 2009, contrairement à ce qu’ils avaient anticipé en janvier dernier. Pour le second semestre 2010, ils prévoient que l’investissement serait en hausse par rapport au premier.
Opinion des industriels sur l'évolution semestrielle des investissements (seconde estimation*)
: Opinion des industriels sur l'évolution semestrielle des investissements (seconde estimation*)
SOUCE: INSEE
N'y at-il pas là un espoir de renversement de la spirale déflationniste ? Encore fait-il que les salariés revediquent leur part du gâtaux ! ! !pour que la consommation des ménages accompagne celle des entrepises. C'EST UN JEUX GAGNANT/GAGNANT
Pour le premier semestre 2010, les entrepreneurs de l’industrie manufacturière estiment désormais que leur investissement a progressé par rapport au second semestre 2009, contrairement à ce qu’ils avaient anticipé en janvier dernier. Pour le second semestre 2010, ils prévoient que l’investissement serait en hausse par rapport au premier.
Opinion des industriels sur l'évolution semestrielle des investissements (seconde estimation*)
: Opinion des industriels sur l'évolution semestrielle des investissements (seconde estimation*)
SOUCE: INSEE
N'y at-il pas là un espoir de renversement de la spirale déflationniste ? Encore fait-il que les salariés revediquent leur part du gâtaux ! ! !pour que la consommation des ménages accompagne celle des entrepises. C'EST UN JEUX GAGNANT/GAGNANT
Pour le premier semestre 2010, les entrepreneurs de l’industrie manufacturière estiment désormais que leur investissement a progressé par rapport au second semestre 2009, contrairement à ce qu’ils avaient anticipé en janvier dernier. Pour le second semestre 2010, ils prévoient que l’investissement serait en hausse par rapport au premier.
Opinion des industriels sur l'évolution semestrielle des investissements (seconde estimation*)
: Opinion des industriels sur l'évolution semestrielle des investissements (seconde estimation*)
SOUCE: INSEE
N'y at-il pas là un espoir de renversement de la spirale déflationniste ? Encore fait-il que les salariés revediquent leur part du gâtaux ! ! !pour que la consommation des ménages accompagne celle des entrepises. C'EST UN JEUX GAGNANT/GAGNANT
fin 2008 (ou 2007 je ne sais plus), Enjeux les Echos faisait figurer une courbe des liquidités dans le monde qui augmentait exponentiellement depuis 20 ou 30 ans en titrant demain le krach... les liquidités augmentant, l'inflation est entretenue artificiellement.
La crise de la dette est un faux problème (... aux Etats-Unis) puisque leurs taux sont bas. Le problème est ailleurs (politique ?). A mon avis si les taux sont bas, c'est parce que la Chine a peur que les Etats-Unis n'investissent plus ce qui freinerait leur économie ! (et ce qui risque de se produire... et plombera encore plus l'euro !)
A mon avis, les priorités des Etats-Unis sont (pour le congrès répubicain) :
1. faire remonter le dollar
2. inverser la tendance démographique (c-à-d accélérer l'immigration), ce qui est moins facile avec un dollar faible
3. problème technologique à résoudre... tous les biens de consommations grand publics présentent aujourd'hui peu de valeur ajouté et sont faciles à fabriquer, seuls les équipements industriels sont un peu plus complexes)
Enfin, pour les Etats-Unis la chute de l'euro pourrait être moins couteux que sa sauvegarde !... et les Etats-Unis ne paieront pas leurs dettes ! !