La Russie postsoviétique Par Françoise Daucé
La Découverte (Repères, 128 p., 9,50 euros).
Sylvain Allemand
Alternatives Internationales n° 042 - mars 2009
En six chapitres, l'auteure revient sur les années 1990 et 2000 de cette Russie née sur les décombres de l'URSS, en évitant un double écueil. D'abord s'en tenir comme les kremlinologues de jadis à l'actualité politique du Kremlin. Comme Françoise Daucé le rappelle utilement, celle-ci ne peut à seule rendre compte de la "trajectoire d'un pays vaste et multiple". Ensuite, tout en focalisant sur ces vingt dernières années, elle prend le soin de remettre en perspective cette période dans la durée longue ne serait-ce que pour pointer les héritages de soixante-dix ans de communisme.
De là à y voir la cause de l'échec de la transition démocratique et les manifestations évidentes d'autoritarisme sous l'ère Poutine/Medvedev, il n'y a qu'un pas que l'auteure se garde de franchir. Certes, la tenue à intervalles réguliers d'élections au suffrage universel ne doit pas faire illusion, pas plus que la Constitution de 1993, qui fonde le droit public sur des principes démocratiques. Mais, soutient l'auteur, une juste compréhension de la situation russe implique de réfléchir à "l'adaptation des concepts occidentaux de démocratie, de marché ou de société civile aux contextes postcommunistes en général, et à la Russie en particulier". Une hypothèse qu'elle étaye notamment à travers l'analyse de la politique de Poutine à l'égard des mouvements associatifs: s'il semble chercher à renforcer la société civile, c'est davantage sur le mode de la "communauté sociale", censée, en russe, "oeuvrer en harmonie avec le pouvoir au service de la restauration de l'Etat".
La Découverte (Repères, 128 p., 9,50 euros).
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