La Turquie en Europe. L'opinion des Européens et des Turcs
Presses de Sciences Po (172 p., 16 euros).
Sophie Blitman
Alternatives Internationales n° 052 - septembre 2011
Alors que la question de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne suscite nombre de réticences, notamment en France, Bruno Cautrès et Nicolas Monceau, chercheurs au CNRS, ont voulu comprendre les mécanismes qui sous-tendent ce débat public. Fin 2010, seuls 29 % des Européens souhaitaient l'intégration de la Turquie, contre 59 % qui s'y disaient opposés. Au-delà des chiffres, l'intérêt de l'ouvrage réside dans l'analyse précise et concrète de l'opinion des populations européennes, mais également turque.
L'étude démontre ainsi clairement que chez les premières, la position vis-à-vis de la Turquie dépend moins du désir ou du refus d'un élargissement de l'UE en soi, que de facteurs culturels et identitaires, ainsi que d'enjeux nationaux : la question des droits de l'homme en Turquie, les différences religieuses ou la crainte d'une immigration turque et de délocalisations expliquent l'opposition majoritaire des populations. A l'inverse, un quart des Français redoute qu'une exclusion ne favorise l'expansion de l'islam politique en Turquie, ce qui les incite à plébisciter l'entrée dans l'UE.
Côté turc, l'adhésion est espérée par 52 % de la population. Mais si les élites témoignent d'un réel volontarisme en ce sens, pour des raisons surtout économiques et sociales, l'euroscepticisme croît dans l'opinion depuis 2004. D'où ce soutien " mou " des Turcs à l'intégration dans une Union européenne qui ne leur tend pas vraiment la main.
Presses de Sciences Po (172 p., 16 euros).
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