Le regard du militaire : peut-on vraiment anticiper l'évolution d'un conflit ?
Michel Goya, Institut de recherche stratégique de l'Ecole militaire (Irsem)
Alternatives Internationales n° 053 - décembre 2011
Malgré la sophistication de leurs moyens de renseignement, les grandes puissances militaires s'avèrent incapables d'anticiper le cours de certaines opérations armées. Analyse de deux décennies d'engagements occidentaux.
Le 24 avril 2006, à quelques semaines de l'engagement britannique dans la province afghane d'Helmand, le ministre de la Défense John Reid annonçait son espoir qu'aucune cartouche ne soit tirée pendant les trois ans prévus pour la mission. Six mois plus tard, le premier bataillon engagé en avait tiré 500 000 au cours de combats particulièrement violents. Au même moment, l'Irak s'effondrait dans la guerre civile, quelques mois à peine après que le président Bush eût annoncé la normalisation prochaine du pays… Et Israël échouait, malgré le déploiement de moyens considérables, à vaincre la petite armée du Hezbollah.
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