Les Nouvelles Famines. Des catastrophes pas si naturelles. Par Christian Troubé
Autrement (120 p., 15 euros)
Alternatives Internationales n° 037 - décembre 2007
Une mise en perspective bienvenue. A la différence des disettes et famines d'antan, les plus récentes crises alimentaires ne doivent rien aux aléas climatiques. Dans le Cambodge des Khmers rouges ou la Corée du Nord de Kim Jong-il, c'est le pouvoir central qui affame ses populations. Le cas du Niger, lui, est décrit comme l'exemple d'une "famine postmoderne". En 2005, les centres nutritionnels récupéraient bien, comme par le passé, des enfants aux visages émaciés et au corps décharnés. Mais cette fois, le mil ou le sorgho ne manquaient pas sur les marchés; simplement, les familles ne pouvaient l'acheter en raison de cours trop élevés. Autre exemple, l'Inde. Alors que le sous-continent s'est hissé au rang de deuxième exportateur mondial de riz et de septième pour le blé, il abrite encore plus de 200 millions de malnutris (sur les 850 que compte la planète), qui n'ont pas accès à la nourriture. L'auteur insiste aussi à juste titre sur deux autres paradoxes. Ce sont les paysans qui paient le plus lourd tribut à la faim. Et cinq millions d'enfants continuent de mourir chaque année, alors que de nouveaux aliments thérapeutiques, à base de pâte d'arachide, permettent d'enrayer la malnutrition sévère.
Autrement (120 p., 15 euros)
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