Les valeurs, les idées et les intérêts
Coll. Textes à l'appui/bibliothèque du MAUSS, éd. La Découverte, 2010, 276 p., 18euros
Igor Martinache
Alternatives Economiques n° 292 - juin 2010
Si l'oeuvre de Max Weber est connue, elle est souvent caricaturée, sujette à de nombreux raccourcis. Et pourtant, elle permet d'éclairer bien des aspects de nos sociétés contemporaines. L'introduction qu'en propose ici Stephen Kalberg est ainsi plus que bienvenue. Dans un style assez accessible, celui-ci récapitule et explique les principaux apports de la sociologie de Weber, tout en montrant sa subtilité. Il rappelle ainsi que ce dernier pointait le rôle des idées à côté des intérêts matériels dans la marche historique, elles seules étant capables de détourner le cours des habitudes; ainsi que celui des "porteurs sociaux" dans leurs diffusions. Il revient ainsi notamment sur la fameuse thèse de l'auteur allemand concernant le lien étroit entre développement du capitalisme occidental moderne et éthique calviniste. Inquiet quant au fait que ce type de société risquait de réduire la rationalité subjective à la seule prise en compte de l'intérêt individuel et du calcul impersonnel, Weber s'interrogeait sur le type d'humain adapté à une telle société. Kalberg exhume également ses analyses sur la civilisation américaine, qui discutent avec pertinence celles bien plus connues de Tocqueville, et en propose un prolongement éclairant sur les malentendus dans la politique étrangère. Un ouvrage convaincant quant à l'actualité de l'auteur allemand, et qui profitera tant aux étudiants qu'aux lecteurs confirmés de ce dernier.
Coll. Textes à l'appui/bibliothèque du MAUSS, éd. La Découverte, 2010, 276 p., 18euros
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