Main basse sur le riz
Fayard/Arte (224 p., 18 euros).
Yves Hardy
Alternatives Internationales n° 047 - juin 2010
Que s'est-il réellement passé au cours du printemps 2008, lorsque les cours du riz ont flambé? En quelques semaines, en effet, les prix moyens de l'aliment le plus consommé de la planète ont été multipliés par cinq. Jean-Pierre Boris, journaliste à RFI et spécialiste des matières premières, a enquêté auprès de tous les acteurs de la filière. Il décortique les mécanismes qui ont provoqué la panique et les mal nommées "émeutes de la faim" et "crises alimentaires". Car nulle pénurie n'était en vue. Les entrepôts de Thaïlande - pays qui fournit le tiers du commerce mondial de riz - regorgeaient de sacs du petit grain blanc. Les exportateurs n'ont pas été les seuls à jouer le jeu de la spéculation. Les traders de Genève et les importateurs - comme les intermédiaires des Philippines - dont les juteuses commissions sont proportionnelles au prix d'achat, y ont aussi largement participé. En bout de chaîne, les consommateurs de Manille, Dakar ou Port-au-Prince devaient payer le surcoût ou se passer de riz. L'édifiante démonstration ne fait que mettre en lumière l'impérieuse nécessité d'une régulation du marché de cette céréale qui assure la nourriture de base d'un humain sur deux. Et souligne l'actualité des campagnes en faveur de la souveraineté alimentaire et du soutien à l'agriculture locale. D'autant que les accaparements de terres arables se poursuivent. Ainsi, la Libye a acquis 100 000 hectares de l'espace rizicole du Mali, pays qui n'a pas atteint l'autosuffisance…
Fayard/Arte (224 p., 18 euros).
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