Marx, le capitalisme et les crises
Ed. La ville brûle, 2010, 128 p., 13 euros.
Denis Clerc
Alternatives Economiques n° 294 - septembre 2010
Partant du constat que la crise ressuscitait une pensée que beaucoup espéraient être à jamais enterrée, l'auteur entreprend de rendre "claire et accessible à tous les lecteurs (à partir du lycée)" - c'est l'éditeur qui le dit - la pensée économique de Marx. Mais il faudra repasser. Le livre insiste sur la méthode de Marx, allant de l'abstrait au concret pour dévoiler ce que les apparences cachent. Ce qui est peut-être intéressant pour celui qui s'est déjà frotté à Marx, mais plutôt ardu pour les autres. "Marx pense le champ des possibles (…), en refusant tout déterminisme": voilà, tranché bien vite et de façon impérative, un débat autrement plus complexe. L'auteur affirme que Schumpeter éreintait Marx, auquel il n'avait rien compris, et que, à l'inverse, Keynes l'admirait. Double erreur. Schumpeter dit de notre barbu qu'il était "un économiste de grande classe", tandis que pour Keynes, Le capital était "un volume d'économie politique périmé (…), faux d'un point de vue scientifique".
Adhérant sans nuance à l'analyse de la valeur travail et à la baisse tendancielle du taux de profit, l'auteur voit dans cette dernière le mécanisme même de la crise actuelle… "Lire Marx, (…) c'est comprendre la réalité en ne se contentant pas des apparences", écrit-il. Peut-être, mais cette introduction ne nous y aide pas.
Ed. La ville brûle, 2010, 128 p., 13 euros.
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