Non-recours
Camille Dorival
La lettre de l'insertion n° 137 - juin 2007
Pendant sa campagne, le nouveau président de la République s'est plu à stigmatiser les « assistés », laissant imaginer que nombre d'allocataires de minima sociaux et de chômeurs de longue durée seraient des profiteurs. Nicolas Sarkozy a moins évoqué, en revanche, un autre phénomène, certainement plus répandu que les fraudes et les abus : celui du non-recours aux prestations sociales.
Pour des raisons diverses, un grand nombre de personnes en difficulté ne font en effet pas valoir leurs droits à certaines prestations. Ainsi, en 2006, sur 6 millions de personnes pouvant prétendre à la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), seules 4,8 millions en bénéficiaient réellement. L'IRTS d'Ile-de-France a réalisé une enquête (1) auprès de 29 foyers de travailleurs migrants et résidences sociales, marqués par une grande précarité économique et sociale. L'enquête montre un taux de non-recours à la CMU-C de 23,7 %. Le phénomène est notamment dû à une méconnaissance des dispositifs. Mais les personnes interrogées évoquent également la complexité des démarches et des relations difficiles avec les administrations, qui entraînent découragement et renoncement. D'autres estiment que la démarche d'accès aux soins est secondaire par rapport à d'autres préoccupations plus immédiates : ressources, logement, emploi. Certains, enfin, ne veulent pas bénéficier d'un dispositif qui stigmatise les pauvres.
(1) Disponible sur www.cmu.fr, rubrique « Actualités ».
Camille Dorival
La lettre de l'insertion n° 137 - juin 2007
Notes
(1) Disponible sur www.cmu.fr, rubrique « Actualités ».
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