Obligation de résultat pour le réseau Anact
Corinne Duhamel
Santé & Travail n° 059 - juillet 2007
L'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact) doit faire face à de nouvelles exigences, évoquées lors de la 4e Semaine de la qualité de vie au travail.
Parler de l'amélioration des conditions de travail ne suffit plus… Il faut sortir du discours, entrer dans le concret et la réalité de la vie des entreprises." A l'occasion de la clôture de la 4e Semaine de la qualité de vie au travail (SQVT), organisée du 21 au 25 mai par l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact), Jean-Denis Combrexelle n'a pas mâché ses mots: l'invitation lancée par le directeur général du Travail aux partenaires sociaux se voulait pressante. L'arrivée, fin avril, d'un nouveau directeur (1) à la tête de l'Anact, d'une part, et l'annonce par le nouveau gouvernement d'une conférence nationale sur les conditions de travail en septembre, d'autre part, devraient renforcer les exigences à l'égard du réseau de l'agence nationale et de ses associations régionales, les Aract. Une systématisation des enquêtes de satisfaction des acteurs sociaux a été promise par Rémi Descosse, le président de l'Anact. Une évaluation de l'efficience des interventions du réseau par un organisme tiers est également envisagée.
Déjà, le changement s'est fait sentir dans le contenu de cette édition de la SQVT. L'Anact a ainsi provisoirement remisé sur une étagère les "trophées" qui distinguaient des entreprises modèles. Une des raisons invoquées est la difficulté à mesurer le caractère pérenne des initiatives primées. Selon Laurent Mahieu, administrateur de l'Anact (CFDT Cadres), ce renoncement serait aussi motivé par l'insuffisance quantitative et qualitative des dossiers pressentis par les Aract. Pour clore le cru 2007 de la Semaine, les organisateurs ont préféré braquer le projecteur sur un nombre volontairement restreint d'actions concertées aux effets durables.
Conçue en 2004 par le réseau Anact pour favoriser "une meilleure compréhension des différents points de vue" sur la manière d'améliorer les conditions de travail, la SQVT a tout de même gardé certains "fondamentaux", comme la volonté de faire travailler ensemble tous les acteurs. "Il est en effet important de n'exclure aucun des quatre groupes d'acteurs: la direction, la représentation du personnel, l'encadrement et les salariés eux-mêmes", insiste Michel Weill, directeur général adjoint de l'Anact, qui se dit "absolument convaincu que la représentation du personnel ne peut se substituer aux salariés eux-mêmes lors des conduites de projet".
Costumes et tics verbaux
Pour médiatiser l'événement, au-delà du cercle traditionnel de ses interlocuteurs, l'Anact avait, cette année, fait appel à des comédiens. A Paris et dans cinq régions, deux acteurs de la compagnie Théâtre à la carte (2) ont plongé leur public dans un concentré hyperréaliste de la vie au travail. Une quinzaine de saynètes, inspirées de choses vues et entendues dans les entreprises, ont mis en lumière l'extrême variété des attentes selon qu'on est cadre, agent de maintenance ou chef d'entreprise. Tour à tour, tels des caméléons, les comédiens ont adopté costumes et tics verbaux d'un panel de figures de l'entreprise. Du patron d'une PME familiale inquiet du nombre de troubles musculo-squelettiques chez ses salariés au magasinier usé par le port des charges, du manager de choc abusant d'un jargon connoté "Anact" au cadre intermédiaire déboussolé par les réorganisations incessantes, le spectacle permet de pointer du doigt les multiples champs d'action possibles pour les partenaires sociaux. Là, c'était "pour de rire". Rendez-vous au printemps 2008 pour une synthèse, sans doute moins drôle, des évaluations des actions d'amélioration des conditions de travail. "En vrai"!?
(1) Il s'agit de Jean-Baptiste Obéniche, ancien conseiller pour l'emploi de Dominique de Villepin. Rappelons que l'Anact est administrée par des représentants des syndicats, du patronat et de l'Etat.
(2) Pour en savoir plus, le site Internet de la compagnie: www.theatrealacarte.fr.
Corinne Duhamel
Santé & Travail n° 059 - juillet 2007
Notes
(1) Il s'agit de Jean-Baptiste Obéniche, ancien conseiller pour l'emploi de Dominique de Villepin. Rappelons que l'Anact est administrée par des représentants des syndicats, du patronat et de l'Etat.
(2) Pour en savoir plus, le site Internet de la compagnie: www.theatrealacarte.fr.
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