ONG-collectivités territoriales, la rivalité
Antoine de Ravignan
Alternatives Internationales n° 035 - juin 2007
"Des collectivités territoriales qui financent des ONG, ce n'est pas vraiment de la coopération décentralisée" observe Antoine Joly, responsable de ce dossier au ministère des Affaires étrangères. Pourtant, ce fut pendant longtemps leur mode d'action principal: elles avaient de l'argent mais pas d'expérience au Sud, tandis que les ONG locales, en France, revendiquaient le savoir-faire mais avaient besoin d'argent. Ce partage des tâches a volé en éclats (lire article ci-dessus), au grand dam des associations.
"Pour la plupart, les ONG locales considèrent encore les collectivités territoriales comme de simples guichets, reconnaît Michel Faucon, du Crid, collectif d'ONG de solidarité internationale. Mais en même temps, on observe l'émergence de vrais partenariats entre collectivités et ONG intéressées par le renforcement des institutions locales au Sud." Une évolution à laquelle contribue, estime Michel Faucon, les regroupements d'ONG à l'échelle régionale, comme le Radsi en Aquitaine, le Casi en Bretagne ou en Mayenne, lieux d'échanges entre associations mais aussi de dialogue, voire de représentation auprès des collectivités territoriales. Mais faut-il créer au niveau régional des structures différentes pour les différents types d'acteurs de la solidarité internationale - collectivités territoriales, ONG, mais aussi hôpitaux, entreprises, établissements scolaires? Un cloisonnement contesté par Résacoop, un lieu de formation et de concertation dont l'originalité est d'être ouvert, depuis 1996, à tous les acteurs de la coopération internationale installés dans la région Rhône-Alpes.
Antoine de Ravignan
Alternatives Internationales n° 035 - juin 2007
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