Palestine. Histoire d'un Etat introuvable Par Rashid Khalidi
Actes Sud (362 p., 25 euros)
Thierry Brésillon
Alternatives Internationales n° 037 - décembre 2007
Soixante ans après le plan de partage de la Palestine, voté par les Nations unies en novembre 1947, entre un Etat juif et un Etat arabe, ce dernier n'existe toujours pas. L'Etat d'Israël a succédé au mandat britannique dès le 15 mai 1948 sur un territoire agrandi par le résultat de la première guerre israélo-arabe. Tandis que les Palestiniens ont vécu d'abord sous souveraineté égyptienne (Gaza) et jordanienne (Cisjordanie), puis sous occupation israélienne depuis 1967. Les accords d'Oslo ont engendré un proto-Etat mis à mal par le déraillement du processus de paix. Historien palestino-américain, Rashid Khalidi s'interroge sur les raisons de cet échec.
Le refus par les Arabes du plan de partage, l'incapacité des dirigeants palestiniens à opter pour une stratégie réaliste sont souvent invoqués. L'auteur s'est intéressé surtout à la période précédant 1948. La Palestine était prise au piège d'une "cage de fer": le mandat confié par la Société des Nations aux Britanniques impliquait l'appui à l'entreprise sioniste, le droit à l'autodétermination pour la population palestinienne en était absente. Pour obtenir un début de reconnaissance de leurs aspirations nationales, les Palestiniens étaient sommés d'approuver au préalable un mandat prévoyant leur dépossession territoriale et fondé sur leur négation en tant que peuple. Ni la coopération des élites traditionnelles, ni le premier soulèvement de 1936 n'ont permis de modifier cette contradiction. Une configuration renouvelée jusqu'à aujourd'hui.
Actes Sud (362 p., 25 euros)
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