Politique de la terre et de l'appartenance. Droits fonciers et citoyenneté locale dans les sociétés du Sud.
Karthala (432 p., 29 euros).
Sylvain Allemand
Alternatives Internationales n° 048 - septembre 2010
Des Tay du nord-ouest du Vietnam aux populations des hautes terres de l'extrême sud de Madagascar en passant par les agriculteurs migrants du nord-ouest du Zimbabwe ou les Adivasis du Kerala, en Inde, les contributions de cet épais volume donnent à découvrir notre monde pluriculturel. Cet ouvrage savant explique comment, au sein de nombreuses communautés du Sud, une "citoyenneté locale" s'élabore en lien avec les modalités d'occupation et d'exploitation de la terre, sur un mode conflictuel ou pacifique.
Le lecteur ne sera pas peu surpris de voir que l'appartenance à une même lignée n'est pas un gage de solidarité et qu'inversement, bien des communautés font preuve d'une capacité intégratrice de nouveaux venus.
Au-delà, les études réunies dans cet ouvrage montrent comment cette citoyenneté locale s'articule plus ou moins avec la citoyenneté formelle édictée par les Etats. En creux, elles aident à mieux percevoir les défis que pose le primat de l'économie marchande: en déterritorialisant les relations d'échange, ne met-elle pas à mal les liens tissés au fil du temps?
La décision - passée inaperçue - de la Bolivie de favoriser la constitution de gouvernements locaux indigènes gérant des territoires en propriété collective prend alors tout son sens: elle vise justement à permettre aux acteurs locaux de définir eux-mêmes leurs rapports économiques, en lien avec des droits garantis par des formes de citoyenneté aussi bien locale que nationale.
Karthala (432 p., 29 euros).
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