Prisons: racket à la cantine
Alternatives Economiques n° 294 - septembre 2010
La Cour des comptes vient d'épingler l'Etat pour sa gestion des prisons (1). Au chapitre des conditions de vie, elle dénonce, entre autres, les abus de la "cantine", le magasin où les détenus se procurent de quoi améliorer leur quotidien: café, compléments alimentaires, articles d'hygiène… Et qu'ils payent au prix fort. Le pot de Nutella, un produit très cantiné, est vendu 2,34 euros en supermarché. Il coûte 2,98 euros à la centrale de Melun et 4,16 euros à la maison d'arrêt d'Aix-Luynes. Les marges sur les produits vendus sont au moins de 22%, avec des écarts de prix atteignant fréquemment 50% d'une prison à l'autre. Les établissements privés sous contrat - comme Luynes - pratiquent des tarifs encore plus élevés que ceux du public (Melun). Cette situation, déjà dénoncée par la Cour en 2006, traduit la faiblesse des contraintes imposées contractuellement au secteur privé, et côté public, l'absence de regroupement des achats, les prisons se fournissant souvent au supermarché du coin. Elle est d'autant plus honteuse que nombre de détenus ne peuvent compter sur le soutien financier de leurs proches et que le travail en prison est rare et sous-payé.
(1) "Le service public pénitentiaire", juillet 2010, accessible sur www.ccomptes.fr
Alternatives Economiques n° 294 - septembre 2010
Notes
(1) "Le service public pénitentiaire", juillet 2010, accessible sur www.ccomptes.fr
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