Réformer le crédit revolving
François Soulage, président du Secours catholique
Alternatives Economiques n° 277 - février 2009
Un million de ménages français sont surendettés. La moitié d'entre eux ont des revenus nets inférieurs ou égaux au Smic. Nous rencontrons ces situations de façon massive dans les accueils du Secours catholique.
Ce surendettement est le plus souvent lié à l'amoncellement de crédits revolving. Ces crédits à la consommation s'ajoutent les uns aux autres et conduisent à une telle accumulation de dettes que le montant des intérêts à payer chaque mois devient insupportable.
Que faire? Trois réformes sont à introduire. La première figure dans une proposition de loi du sénateur Marini. Elle consiste à interdire la vente de ces crédits revolving dans les commerces. La deuxième, que ne retient pas la proposition, est de créer ce que les spécialistes appellent un fichier "positif", dans lequel seraient enregistrés tous les crédits accordés à une personne. Ainsi une banque saurait exactement quelle est la situation d'une personne à l'égard de son endettement. Aujourd'hui, il n'existe qu'un fichier des défauts de paiement et une banque peut faire semblant d'ignorer qu'un client qui lui demande un crédit supplémentaire est déjà surendetté. La troisième mesure, également non retenue, consisterait à faire baisser autoritairement le taux d'intérêt de ces crédits, qui atteignent souvent 20%.
Ces mesures doivent être complétées par l'élargissement des possibilités du microcrédit. Ce microcrédit personnel permettrait à des personnes se voyant refuser des crédits du fait de l'existence de ce fichier, d'avoir encore recours à un crédit pour des besoins essentiels.
François Soulage, président du Secours catholique
Alternatives Economiques n° 277 - février 2009
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