Retraites chapeaux: l'arme fiscale
Alternatives Economiques n° 281 - juin 2009
Sale temps pour les retraites chapeaux. Après des mois d'hésitations, le Premier ministre François Fillon a annoncé fin avril son intention de taxer "de façon confiscatoire" les somptueuses retraites supplémentaires payées par les grandes entreprises à leurs cadres dirigeants. L'objectif est de rendre le moins attractifs possible ces avantages accordés, selon la société de conseil Proxinvest, par plus des deux tiers au moins des entreprises du CAC 40. L'affaire de la banque Dexia, sauvée de la faillite par les pouvoirs publics à l'automne 2008, avait déclenché la polémique: son président débarqué était parti avec une retraite chapeau de 583 000 euros par an. Un décret interdisait déjà la création de telles retraites dans les entreprises aidées par l'Etat du fait de la crise jusqu'à la fin 2010. Une mesure qui était donc circonscrite, temporaire et non rétroactive. La taxation générale des retraites chapeaux envisagée par le gouvernement conduirait en revanche l'ensemble des entreprises à ne plus recourir à cette pratique.
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