Russie, la loi du pouvoir Par Thérèse Obrecht
Autrement (192 p., 15 euros).
Sylvain Allemand
Alternatives Internationales n° 031 - juin 2006
"Le goulag n'a pas disparu. Il s'est dissous dans la société." Le propos, placé en exergue du dernier chapitre de cet ouvrage est celui d'un Russe, qui a participé au montage d'une exposition sur l'univers concentrationnaire de l'époque soviétique. On ne saurait mieux résumer la situation de la Russie sous Poutine. L'auteure, ancienne correspondante de la Radio suisse romande à Moscou, la décrit en privilégiant trois volets: la justice, l'armée et les manifestations du nationalisme.
Si cette Russie est une démocratie, elle est dirigée, en l'occurrence par d'anciens membres de la sécurité d'Etat. Pourtant, la société civile n'a pas dit son dernier mot. C'est l'espoir que l'ouvrage veut entretenir à travers les récits de membres de Mémorial, l'une des premières ONG russes, créée en 1988 avec le soutien du prix Nobel de la Paix, Andreï Sakharov, et dont l'objectif initial était de faire ériger un monument aux victimes du goulag. Dans la ligne de mire du pouvoir, elle continue de résister aux pressions contre son travail de mémoire. Pour combien de temps?
Autrement (192 p., 15 euros).
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