Sciences économiques et sociales: un programme (très) contesté
Philippe Frémeaux
Alternatives Economiques n° 293 - juillet 2010
Le projet de nouveau programme de sciences économiques et sociales (SES) de première a été vivement critiqué par l'association des professeurs de cette discipline. Le recentrage sur un enseignement plus théorique, plus conceptuel, risque en effet d'affaiblir une filière qui, jusqu'à présent, intéressait les lycéens parce qu'elle partait des problèmes dont ils entendent parler chaque jour. Ce qui n'empêchait pas les enseignants, bien au contraire, d'expliquer quels outils conceptuels mobiliser pour éclairer telle ou telle situation.
On peut craindre que les concepteurs du nouveau programme aient oublié que l'enseignement initial n'est pas seulement une antichambre de l'enseignement supérieur. Il s'agit surtout d'aborder des questions que la majorité des élèves n'aura pas l'opportunité de retrouver plus tard dans leur cursus. Dans cet esprit, les SES doivent avant tout apporter aux élèves la culture générale sur l'économie et la société nécessaire pour s'insérer dans la vie active et exercer leurs droits de citoyens. En transformant les cours de SES en un enseignement abstrait, retranché dans le monde enchanté des "lois élémentaires" de l'économie, on risque surtout de faire fuir une partie des lycéens. Un comble à l'heure où l'on répète qu'il faut développer la culture économique des Français…
Philippe Frémeaux
Alternatives Economiques n° 293 - juillet 2010
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