Taxe Tobin : la France pourrait y aller seule
Christian Chavagneux
Alternatives Economiques n° 310 - février 2012
Le président de la République a indiqué le 9 janvier qu'il était prêt à mettre en oeuvre une taxe sur les transactions financières sur les seuls marchés financiers français. Le projet suit celui proposé à la fin 2011 par la Commission européenne et consiste à imposer les transactions sur actions et obligations (hors titres de dette publique) à 0,1 % et les transactions de produits financiers complexes à 0,01 % (les transactions de change ne sont pas touchées).
Cela permettrait de défricher les conditions pratiques de mise en oeuvre de cette nouvelle forme d'imposition. Elle ne rapporterait pas forcément beaucoup mais toucherait en priorité les transactions de trading haute fréquence dont l'utilité sociale est nulle, si tant est qu'il en reste encore beaucoup à Paris : le déplacement des ordinateurs de Nyse Euronext à Londres ayant entraîné la migration de ces opérateurs pour accroître la rapidité des transactions. Le risque d'une fuite massive des opérateurs financiers paraît surestimé : il est difficile pour les banques françaises d'être absentes du marché hexagonal. En outre, le niveau envisagé de la taxe est très faible. Enfin, elle pourrait très bien toucher toutes les transactions liées à des acteurs économiques et financiers français quel que soit le lieu de transaction (mais Londres résiste sur ce dernier point).
Sur le plan politique, on peut noter l'opportunisme de Nicolas Sarkozy qui qualifiait une telle taxe " d'absurdité " il y a quelques années. Et qui la propose aujourd'hui à un taux de 0,1 % après avoir supprimé en 2007 l'impôt de Bourse qui existait en France et taxait les transactions à 0,3 %…
Christian Chavagneux
Alternatives Economiques n° 310 - février 2012
-
Abonnement et réabonnement
-
J'achète un numéro -
Inscription à la newsletter -
Forfait de consultation de 30 articles pendant 48H -
Mon espace personnel

















Commenter cet article





